dimanche 20 mars 2011

Retenez-moi, ou je fais un malheur...


Il y a des moments où on sent l’énervement monter, comme ça, sans raison valable. L’heure de non-retour où on se dit que l’enfer, c’est les autres, comme dirait Sartre. Et même si la Beauvoir n’est pas là pour répondre, « Et l’Autre, il t’emmerde », pas de doute, d’autres s'en donnent à coeur joie pour nous prouver que c'est toujours d'actualité.

C’est par exemple quand on voudrait enfin se mettre sérieusement au travail qu’on entend des petits bruits de fond s’intensifier, oh trois fois rien, un collègue qui farfouille dans un sac en plastique (les plus agaçants, ceux qui font du bruit), une sirène de police qui en fait toujours trop, ou le saut feutré du chat qui monte sur le bureau 10 fois de suite si l’on travaille depuis son chez-soi (miaulement de frustration lorsqu’il est dégagé d’une main ferme, toujours 10 fois de suite).
La vérité saute alors au visage comme un rat acculé dans un coin : le monde est peuplé de cons, d’ailleurs moi aussi j’en suis un et je vous hais mortels, tous! Oui, tous, le postier, la boulangère avec son sourire qui n’est pas sincère et surtout, surtout, la voisine du dessus qui me les brise menu avec sa musique latino, ses fuites d’eau récurrentes et son rire hystérique qui traverse la cloison pour venir s’esclaffer dans MON oreille.

Avoir la haine porte bien son nom, on pourrait tuer une mouche (même grosse) juste avec le regard et se farcir dans la foulée le voisin qui laisse toujours sa poubelle sur le container et pas dedans. A moins qu’on ne repense à l’absurdité de son état et à la vacuité de tels moments pour se remettre d’aplomb (avec un verre de rouge derrière la cravate), et oublier à quel point il est vain d’en vouloir au monde entier pour rien de spécial. Enfin, presque rien.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire