lundi 3 octobre 2011
Juste encore un peu
Tout cela laisse à penser que nous sommes sadiques avec nous-mêmes, ou au moins masochistes.
Je m'explique : je ne peux pas résister au plaisir de m'infliger la torture des infos, et ce, tous les jours. Je suis addict.
Hop, une bonne petite claque le matin, quand on parle de la dette et du chômage qui galope.
Hop, une petite couche dans la matinée, encore une bijouterie cambriolée qui a fait un mort (moi je pense à la petite histoire autour de la victime, tragique, celle qui consiste à mourir en achetant une bague de fiancailles).
En début d'après midi, c'est la bourse de Paris qui stagne, à bout de souffle.
A 17h, c'est la pitchenette fatale de Wall Street qui la fera sérieusement basculer. Les photos de traders catastrophés datant de 2008 refont leur apparition dans l'iconographie.
Le soir, le rictus de Pujadas, l'homme qui aime annoncer des mauvaises nouvelles avec le sourire de la Joconde, finira de m'achever. On recracherait sa bouchée du dîner tellement il nous fait culpabiliser. On se ressert quand même, pour oublier.
Après mon shoot du 20h, impossible ceci dit de ne pas y revenir.
J'en prendrai juste encore un peu avant de m'endormir, un typhon menace, la pauvreté augmente, il faudra payer la sécu pour son cancer, et il y aurait des valises qui circulent entre les états avec de l'argent frais dedans.
Qu'est ce que c'est bon! Allez, encore une, pour la route.
Le plus malsain de tout cela, c'est mon attitude.
Cette prise régulière de ma dose d'actualité de mauvaise qualité pour tenir toute la journée. Cette irrépressible envie de replonger la tête la première dans ces eaux qui sentent la vase.
Un peu comme la mauvaise odeur qu'on va humer plusieurs fois en prenant l'air dégoûté.
Je pense à ceux qui en ce moment, arrosent leurs salades et regardent mûrir leurs prunes.
Ils ne sont pas toujours au courant des dernières nouvelles, mais à midi ils mangeront une bonne batavia avec une tarte maison. Sans se préoccuper de savoir si c'est cancérigène, ou bientôt interdit, ou bientôt dévasté par les roms.
Finalement, nous devrions cultiver un peu plus notre jardin.
Et dire stop à la drogue dealée par certains médias.
Celle où les dépêches se sniffent comme un grand titre.
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